Quand le soleil a disparu, comment fait-on pour le retrouver ? Voici mon blog-thérapie.
mercredi 3 août 2011
Retrouver le soleil
Ça m'a frappé comme un coup de poing au visage ce matin. Ma première journée en arrêt de travail. Trouble d'adaptation causant l'anxiété et une humeur dépressive. Bref, je traverse une période plutôt orageuse ces derniers temps. En fait, je dirais que ça a commencé en mai 2010, alors que coup sur coups, on m'a annoncé que je devrais envisager de me faire installer un défibrillateur et que ma condition cardiaque ne me permettrait sûrement pas d'avoir des enfants. Moi qui avais toujours rêvé d'une famille de trois enfants, ces annonces m'ont brisé le coeur. Comment était-ce possible ? Une batterie de tests plus tard, le verdict tombe : ok pour des enfants, un seul probablement, mais à condition que je me fasse poser un défibrillateur. Pas question pour le défibrillateur. Moi qui n'aime déjà pas mon corps, on ne me charcutera pas pour me poser un espèce de booster qui n'a aucune garantie de bien fonctionner ! Comme à mon habitude, tête baissée, je relevai mes manches et fonçai dans la vie. Pas le temps d'avoir de la peine. J'allais courir si vite que ni la maladie, ni le malheur, n'allaient m'atteindre. Mon chum et moi avons même décidé de nous marier... Et c'est ainsi que j'organisai un mariage de 125 personnes en moins de trois mois. J'avais toujours de la peine, mais je n'avais pas le temps de m'en préoccuper. J'allais me marier, avoir des enfants, adoptés et naturels, j'allais être en santé, j'allais être forte. Les mois ont passé... Mais la peine m'a rattrapée. Elle m'a rattrapée lorsque j'ai su que ma condition cardiaque m'empêchait d'adopter, lorsqu'un autre cardiologue me dit qu'il était en désaccord à ce que je refuse le défibrillateur, lorsque je connus une période trop chargée à mon goût au boulot, lorsque mes études (je poursuis un DESS à l'ENAP en même temps que je travaille) me prirent trop de temps, lorsque je sentis que de nouveau, ma vie m'échappait. À de nombreuses reprises, je me suis roulée en boule, pleuré toutes les larmes de mon corps, supplié le ciel de me faire dormir pendant des années. Mais je me suis relevée, à chaque fois. Ça été comme ça durant huit mois. J'ai été en voyage dans le sud pour me reposer, j'ai pris des vendredi, intensifié mes visites chez le psy, fait de l'acupuncture et du yoga. Mais entre mai 2011 et aujourd'hui, les jours de pleurs ont été plus nombreux que les jours heureux. Mon mari tient le phare de notre couple avec courage, mais je vois qu'il s'épuise. Nous sommes maintenant rendus à 3 inséminations artificielles. On espère, on est déçus. Je sentais que je me perdais. Je n'en pouvais plus. J'ai donc été voir le médecin hier. Résultat : repos pour 6 semaines. Sans médicaments. J'avoue que ça me fout la trouille. Une grosse trouille. Mais je sais que je dois me reposer. Je dois prendre le temps. Accepter les choses. Accepter le fait que j'ai une condition cardiaque particulière. Que je souffre d'une myocardiopathie hypertrophique. Que j'ai une trompe de Fallope bouchée, Que nous avons besoin d'aide pour avoir des enfants. Qu'il se peut que nous n'ayons jamais d'enfants. Accepter que je ne suis pas invincible. Que ça arrive à MOI. Voici ma quête du soleil. Pour qu'il revienne et chasse mes nuages et fait taire mes orages.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire