Quand le soleil a disparu, comment fait-on pour le retrouver ? Voici mon blog-thérapie.
mercredi 24 août 2011
Tempête dans mon cerveau
Parfois, j'ai l'impression que je vais devenir folle. Une vraie tempête dans mon cerveau. Si tous les "instincts", les "prévisions" que je me fais se réalisaient, je crois que je ne m'en remettrais jamais. Or, pas besoin qu'ils se réalisent, je les écoute, je suis certaine qu'ils vont se réaliser. Pourtant, je devrais croire au bonheur, en la vie, en la chance que j'ai. J'ai un mari formidable, une famille géniale, des amis fidèles, un chien merveilleux. J'ai eu un bel emploi à 25 ans, une maison à 27, je suis mariée. Moi qui pensais ne pas pouvoir procréer, la vie m'envoie pourtant tous les signes du contraire. Comment avoir confiance en la vie ?
mardi 23 août 2011
L'erreur de prévision
Je suis entrain de lire un livre. Être bien dans sa peau, du Dr David Burns. Grosso modo, ce livre propose un traitement pour vaincre la dépression, l'anxiété et les troubles de l'humeur. Tout à fait dans mes cordes ces temps-ci. J'y ai appris par exemple que les idées noires sont causées par des distorsions cognitives de l'esprit. Ma préférée : les conclusions hâtives. Les conclusions hâtives, c'est lorsque tu tires trop rapidement une conclusion négative, à partir de faits qui ne se justifient pas. En sous-catégorie, l'erreur de prévision, cette boule de cristal maudite qui annonce que des malheurs. Exemple : Je n'aurai jamais d'enfants.
Pour aider le patient a se débarasser de ses facheuses distorsions, le Dr Burns propose l'exercice suivant. Un tableau de trois colonnes dans lequel on note ses réactions spontannées, les distorsions cognitives qui y sont associées et une réaction rationnelle plus appropriée, qui a pour but de modifier les codes du cerveau.
Je me lance :
Pour aider le patient a se débarasser de ses facheuses distorsions, le Dr Burns propose l'exercice suivant. Un tableau de trois colonnes dans lequel on note ses réactions spontannées, les distorsions cognitives qui y sont associées et une réaction rationnelle plus appropriée, qui a pour but de modifier les codes du cerveau.
Je me lance :
- Réaction spontanée : Je n'aurai jamais d'enfants
- Distorsion cognitive : Clairement une conclusion hâtive, une erreur de prévision
- Réaction spontanée : Qui suis-je pour prédire l'avenir ? Pourquoi m'acharner à voir autant de malheur s'abattre sur moi ? Le sombre pronostic, loin de me protéger, ne fait que me plonger dans une vague de pessimisme inutile et destructeur.
Pas pire hein ? Malheureusement, la liste des angoisses comporte encore plusieurs points. Il y a un début à tout.
dimanche 21 août 2011
Le vent... on oublie toujours le vent
Qu'il fasse beau ou que ce soit le déluge, il est rare qu'il n'y ait pas de vent. Parfois doux, parfois décoiffant, le vent souffle, rafraîchit, refroidit même. Il change d'intensité, transforme une simple pluie en véritable tempête ou une journée trop chaude en journée supportable. Le vent change de direction. Le vent tourne. Wind of change comme chantait le groupe Scorpions. J'avais oublié qu'il y avait le vent. J'avais oublié à quel point une douce brise pouvait être agréable. Oui, c'est bon le vent. Tellement doux que ça fait peur.
vendredi 12 août 2011
En attendant la pluie...
Bon. J'attends. Tous les signes de l'insuccès sont là, mais j'attends toujours le jour 1 de mon nouveau cycle. J'ai mal au ventre. Je suis impatiente. J'attends la pluie, mais espère toujours le soleil.
Vivement un changement d'air.
Vivement un changement d'air.
jeudi 11 août 2011
On prévoit de la pluie
C'était presque trop beau pour être vrai. Ma température est basse désormais, ce qui signifie que mes règles débuteront sous peu apparemment. Inutile de dire que les larmes coulent sur mes joues depuis ce matin. Un autre mois d'attente, un autre échec. J'attends que le sang de mon coeur en mille morceaux confirme l'insuccès de cette 3e insémination.
mardi 9 août 2011
Les prédictions météo
Dans la vie, je suis une fille qui aime avoir "des plans de match". J'aime quand tout est organisé, planifié, prévu, minute par minute. Je suis le genre de fille qui aime lire les résumés détaillés des films avant de les regarder, une lectrice qui lit imanquablement les trois derniers mots d'un roman en le commençant, une conductrice qui aime bien sortir des plans Google map avant de partir, bref, vous voyez le topo. Pour en rajouter, je dirais aussi que je suis du genre à regarder les prédictions météo et de croire en les métérologues avec une foi aveuglante. Ce soir, on annonce de la pluie. Or, mes parents "anges-de-la-rénovation-un-peu-trop-sur-le-ritalin-mais-que-j'aime-tant" sont en pleine opération "pimp mon deck". Je stresse pour eux. Je panique intérieurement, car on annonce de la pluie. Juste à l'écrire, je me rends compte du ridicule de la situation. Et si les métérologues s'étaient trompés ? Si la pluie arrivait que tard tard ce soir ? Et si c'était une bonne affaire qu'il mouille ? Et si j'arrêtais de vouloir tout prévoir ? Et si je cessais de m'en faire pour des choses dont je n'ai absolument pas le contrôle ?
Et si j'allais me faire teindre les cheveux ?
Et si j'allais me faire teindre les cheveux ?
lundi 8 août 2011
Température
Angoisse de marde. J'ai pas d'autres mots. Ça encore commencé avec la prise de température ce matin. Eh oui, ma température redescend. 36.3 C. Et ça spin dans ma tête depuis. C'est terrible, cette boule qui apparraît dans mon ventre, qui se forme, me bloque l'estomac, fait monter ma rage et les larmes aux yeux. Pourquoi ça fait ça ? Pourtant, hier mes parents sont arrivés, on a préparé le voyage pour se changer les idées, ça allait somme toute bien. Pour la première fois depuis mon arrêt de travail, je pouvais dire : je suis bien. Ce n'est plus le cas ce matin. Tout le monde dort dans la maison, moi je ne peux plus dormir. Tout ça, à cause d'une température. Et dire qu'il va falloir que je fake d'être dans un mood passable lorsque mes parents se lèveront. Sinon, j'aurai droit à un discours rempli de bonne volonté de ma chère maman sur le fait de ne pas me décourager, de garder espoir, que tout va bien aller.
Bien aller ? Avoir des enfants ? J'aimerais y croire et ne pas être aussi triste.
Bien aller ? Avoir des enfants ? J'aimerais y croire et ne pas être aussi triste.
samedi 6 août 2011
Alternance soleil/nuages
J'ai eu une belle journée avec mon mari aujourd'hui. Avec Croquette, nous sommes allés nous prélasser dans un site magnifique dans Lanaudière. J'ai décroché. J'ai même pas pensé une minute à avoir des bébés. Sur le chemin du retour, je me disais que j'étais quand même bien, à cet instant, que j'avais de la chance d'avoir un mari comme lui. Puis, je me suis mise à penser à ÇA. Avoir des enfants. Est-ce que je suis enceinte ou non ? Parfois je me dis que cette 3e insémination a été la bonne... D'autres fois, je me dis qu'il faut que je me rende à l'évidence, ça ne marchera pas. Tout ce questionnement a mis des nuages dans ma journée. J'essaie de me calmer, me dire de ne pas anticiper trop. C'est bon signe comme réaction je trouve. Apprécions cette belle journée, où le soleil a quand même été de la partie.
vendredi 5 août 2011
Où es-tu ou Incertitude météo
Mauranne a chanté :
Où es-tu, où es-tu ?
Si je savais je serais...
Je serais là où tu es.
Où es-tu ?
J'ai envie de chanter cette chanson là à moi-même. Où est-ce que la vraie Maika est rendue ? Pourquoi cette satanée boule en moi ?
Une minute c'est l'orage, l'autre une fine pluie, ensuite un éclaircie, le retour des nuages, l'ouragan, le front froid, la dépression.... Je fais tous les temps en une journée. Où est la Maika qui n'aimait que le soleil ? Qui était constamment sous le soleil ?
Je vais déjeuner avec une amie. Ça m'angoisse. Elle est enceinte. Son 3e. Dieu seul sait à quel point j'apprécie cette amie. Mais j'angoisse de la voir heureuse, enceinte, épanouie. Tout ce que je ne suis pas.
Oui, je sais ce que vous dites, vous chers lecteurs loin d'être nombreux. "Botte toi le cul, ton bonheur tu le fais, tu as plein de belles choses dans ta vie, blablabla...". Je sais. Je suis peut-être incertaine côté météo, mais je suis intelligente. C'est juste que LÀ, les incantations, les speechs de motivation, les prières, les pensées positives... ben ce n'est plus assez.
En attendant, j'écoute Mauranne :
Je te cherche au fond de moi,
Moments de joie, désirs, éclats de voix, mais
Oublies-tu, où que tu sois ?
Fallait-il qu'on en arrive là ?
Où es-tu, où es-tu parti ?
Dans quelle autre vie ?
Où es-tu, où es-tu ?
Si je savais je serais...
Je serais là où tu es.
Où es-tu ?
J'ai envie de chanter cette chanson là à moi-même. Où est-ce que la vraie Maika est rendue ? Pourquoi cette satanée boule en moi ?
Une minute c'est l'orage, l'autre une fine pluie, ensuite un éclaircie, le retour des nuages, l'ouragan, le front froid, la dépression.... Je fais tous les temps en une journée. Où est la Maika qui n'aimait que le soleil ? Qui était constamment sous le soleil ?
Je vais déjeuner avec une amie. Ça m'angoisse. Elle est enceinte. Son 3e. Dieu seul sait à quel point j'apprécie cette amie. Mais j'angoisse de la voir heureuse, enceinte, épanouie. Tout ce que je ne suis pas.
Oui, je sais ce que vous dites, vous chers lecteurs loin d'être nombreux. "Botte toi le cul, ton bonheur tu le fais, tu as plein de belles choses dans ta vie, blablabla...". Je sais. Je suis peut-être incertaine côté météo, mais je suis intelligente. C'est juste que LÀ, les incantations, les speechs de motivation, les prières, les pensées positives... ben ce n'est plus assez.
En attendant, j'écoute Mauranne :
Je te cherche au fond de moi,
Moments de joie, désirs, éclats de voix, mais
Oublies-tu, où que tu sois ?
Fallait-il qu'on en arrive là ?
Où es-tu, où es-tu parti ?
Dans quelle autre vie ?
jeudi 4 août 2011
Orage
Comme ce blog est beaucoup, beaucoup moins lu que Facebook et que faut que ça sorte.... J'ai juste envie de crier CALIS POURQUOI JE NE SUIS PAS CAPABLE D'ENFANTER COMME TOUT LE MONDE SAINT-CIBOIRE ?? Oui, ce soir, il y a un gros orage dans ma tête.
Tout ça, à cause d'un tableau Fertility Friend qui me dit que j'ai ovulé le 31 juillet et non le 1er août et que j'aurais donc, selon eux et ma courbe de température, raté mon estie de viarge d'insémination prise 3. link
Je veux tellement que ça marche. J'ai le goût de tuer tellement je suis enragée. Je déteste, déteste, avoir de la peine. Je déteste avoir ce sentiment qui me dit que ça ne marchera pas. Je n'ai aucun contrôle sur mon corps. Je suis une tabarnak d'incompétente ovulaire.
J'vais me coucher. Dormir. Je suis bonne là dedans.
Tout ça, à cause d'un tableau Fertility Friend qui me dit que j'ai ovulé le 31 juillet et non le 1er août et que j'aurais donc, selon eux et ma courbe de température, raté mon estie de viarge d'insémination prise 3. link
Je veux tellement que ça marche. J'ai le goût de tuer tellement je suis enragée. Je déteste, déteste, avoir de la peine. Je déteste avoir ce sentiment qui me dit que ça ne marchera pas. Je n'ai aucun contrôle sur mon corps. Je suis une tabarnak d'incompétente ovulaire.
J'vais me coucher. Dormir. Je suis bonne là dedans.
Je haïs le doute
Depuis 6 h ce matin, je doute. Au moment même où mon cadran sonnait pour prendre ma température (geste traditionnel que je fais depuis 8 mois maintenant et que toute femme qui souhaite tomber enceinte connaît), le doute s'est installée. À la lecture de ma température, 36.8 C, un record, j'ai commencé à douter. Pourquoi une température si élevée ? Bon signe ? Mauvais signe ? Et si c'était la bonne ? Pourquoi j'ai une boule dans le ventre ? Est-ce qu'il fera soleil aujourd'hui ? Est-ce que c'est OK de boire un café ? Qu'est-ce que je fais aujourd'hui ? En préparant le lunch et le déjeuner de mon mari, le doute m'envahissait. Ça c'est empiré en remplissant mon tableau dans le logiciel Fertility Friend, une recommandation de mon amie Katherine. En entrant mes températures basales dans le logiciel, ce dernier m'a indiqué que ma date d'ovulation, selon les données inscrites, était assurément le 31 juillet, et non le 1er août comme je le pensais (faits à l'appui avec mon test d'ovulation qui est sorti positif la veille à 13 h). Mais voilà. Et si c'était le logiciel qui avait raison ? Et si j'avais raté ma date d'ovulation ? Est-ce que je fais les choses comme il se doit pour tomber enceinte ? Pourquoi suis-je si obsédée par le fait de devenir mère ? Y arriverai-je un jour ? Une chose est sûre : j'haïs le doute.
mercredi 3 août 2011
Retrouver le soleil
Ça m'a frappé comme un coup de poing au visage ce matin. Ma première journée en arrêt de travail. Trouble d'adaptation causant l'anxiété et une humeur dépressive. Bref, je traverse une période plutôt orageuse ces derniers temps. En fait, je dirais que ça a commencé en mai 2010, alors que coup sur coups, on m'a annoncé que je devrais envisager de me faire installer un défibrillateur et que ma condition cardiaque ne me permettrait sûrement pas d'avoir des enfants. Moi qui avais toujours rêvé d'une famille de trois enfants, ces annonces m'ont brisé le coeur. Comment était-ce possible ? Une batterie de tests plus tard, le verdict tombe : ok pour des enfants, un seul probablement, mais à condition que je me fasse poser un défibrillateur. Pas question pour le défibrillateur. Moi qui n'aime déjà pas mon corps, on ne me charcutera pas pour me poser un espèce de booster qui n'a aucune garantie de bien fonctionner ! Comme à mon habitude, tête baissée, je relevai mes manches et fonçai dans la vie. Pas le temps d'avoir de la peine. J'allais courir si vite que ni la maladie, ni le malheur, n'allaient m'atteindre. Mon chum et moi avons même décidé de nous marier... Et c'est ainsi que j'organisai un mariage de 125 personnes en moins de trois mois. J'avais toujours de la peine, mais je n'avais pas le temps de m'en préoccuper. J'allais me marier, avoir des enfants, adoptés et naturels, j'allais être en santé, j'allais être forte. Les mois ont passé... Mais la peine m'a rattrapée. Elle m'a rattrapée lorsque j'ai su que ma condition cardiaque m'empêchait d'adopter, lorsqu'un autre cardiologue me dit qu'il était en désaccord à ce que je refuse le défibrillateur, lorsque je connus une période trop chargée à mon goût au boulot, lorsque mes études (je poursuis un DESS à l'ENAP en même temps que je travaille) me prirent trop de temps, lorsque je sentis que de nouveau, ma vie m'échappait. À de nombreuses reprises, je me suis roulée en boule, pleuré toutes les larmes de mon corps, supplié le ciel de me faire dormir pendant des années. Mais je me suis relevée, à chaque fois. Ça été comme ça durant huit mois. J'ai été en voyage dans le sud pour me reposer, j'ai pris des vendredi, intensifié mes visites chez le psy, fait de l'acupuncture et du yoga. Mais entre mai 2011 et aujourd'hui, les jours de pleurs ont été plus nombreux que les jours heureux. Mon mari tient le phare de notre couple avec courage, mais je vois qu'il s'épuise. Nous sommes maintenant rendus à 3 inséminations artificielles. On espère, on est déçus. Je sentais que je me perdais. Je n'en pouvais plus. J'ai donc été voir le médecin hier. Résultat : repos pour 6 semaines. Sans médicaments. J'avoue que ça me fout la trouille. Une grosse trouille. Mais je sais que je dois me reposer. Je dois prendre le temps. Accepter les choses. Accepter le fait que j'ai une condition cardiaque particulière. Que je souffre d'une myocardiopathie hypertrophique. Que j'ai une trompe de Fallope bouchée, Que nous avons besoin d'aide pour avoir des enfants. Qu'il se peut que nous n'ayons jamais d'enfants. Accepter que je ne suis pas invincible. Que ça arrive à MOI. Voici ma quête du soleil. Pour qu'il revienne et chasse mes nuages et fait taire mes orages.
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